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Valérie RAUCHBACH

Exposition N°5 – NOIR par Valérie RAUCHBACH du 3 avril 2009 au 20 juin 2009
Valérie Rauchbach a inventé, on pourrait dire, à mains nues, une approche très originale de la figuration, reposant sur un matériau lui même original, le sable.



Son objectif poétique est à la fois complexe et libérateur : une « peinture » qui retrouve ses ambitions originelles à l’épreuve de l’obstacle de la matière. A la fois peinture donc mais aussi sculpture de bas relief, son modus operandi consiste à recréer dans le matériau sombre et lumineux du sable volcanique un visage aléatoire : révélé par la lumière selon les éclairages, c’est à dire les moments de la journée, le dessin se perd ou s’affirme en majesté, suggérant ainsi la puissance dans le temps. Cette nouvelle figuration permet à son terme de retrouver un monde que l’on croyait perdu, de défier sans cesse la mort prétendue des formes.

Bordeaux, la ville la plus tempérée de la planète, jetée aux fins de l’Atlantique, à quelques encablures de ce 45 e parallèle qui court à égale distance du Pôle et de l’Equateur, a produit une écologie particulière qui n’a pas seulement engendré la plus grande viticulture du monde, mais aussi une littérature très reconnaissable ; Celle-ci, en effet, au sein de la plus haute culture française, s’écoule comme un fil rouge : moraliste, faussement modéré, vraiment distancé, mais au regard toujours acéré porté sur les hommes, leurs folies, leur époque, l’écrivain bordelais est un politique achevé .Il sera souvent contrarié par les travers de son époque et n’en deviendra que plus éloquent. Montaigne, magistrat ironique et contempteur prudent des Guerres de religion ; Montesquieu, réformateur impénitent des mœurs et des lois, aussi encyclopédique qu’ironique ; Mauriac enfin qui, après avoir disséqué le cruauté de la famille bourgeoise en chroniqueur janséniste des douleurs de l’intime, trouve par la Résistance et la haute figure du Général de Gaulle les voies d’une critique sociale et politique . Une défense distancée et parfois ironique est insufflée par un point de vue toujours moral, cette position est le même à l’œuvre chez ces trois maîtres bordelais.

Mais Bordeaux, c’est aussi cette splendeur bâtie au Siècle des Lumières sur les ténèbres de la Fronde . Et voici qu’au fil des siècles, une grande littérature antillaise douée et révoltée, aussi acerbe qu’amicale, vient frapper d’au delà de l’Atlantique, les rivages de la Gironde , tel un ressac bruyant et lumineux. Aimé Césaire et avant lui Victor Schœlcher qui l’a rendu possible, sont aussi la rédemption de la ville, si elle sait accueillir cette face obscure de son histoire, qui se transforme peu à peu par le progrès de la liberté et la splendeur des mots.

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