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Des morceaux du mur de Berlin comme témoins



Dans la campagne de Dordogne, dans la commune de Vallereuil, se jouait une scène bien étrange, hier matin. Deux pans du mur de Berlin, pesant chacun 2,2 t, devaient être déplacés pour rejoindre Bordeaux, où une cérémonie sera organisée lundi. Soulever un tel poids n’a pas été simple. Les liens ont cassé à plusieurs reprises et il a fallu aller jusqu’à Périgueux pour trouver un câble assez solide. Au final, le convoi a pu partir en début d’après-midi.

Des pans du mur de Berlin au fin fond de la Dordogne ? L’idée peut paraître saugrenue. C’est sans compter avec la personnalité de leur propriétaire, celui qui se définit comme « un créateur d’art », Daniel Boulogne.

« Je ne suis que le propriétaire accessoire, car ces pans appartiennent au patrimoine de l’humanité », remarque celui qui tient désormais une galerie à Bordeaux après avoir travaillé des années à Paris.

Les murs, Daniel Boulogne les connaît, il en a même fait sa profession depuis la création de sa première entreprise, en 1976. Il a oeuvré sur plus de 350 murs peints, décoré des parkings ou même une cheminée d’aération monumentale à la Défense. « Je mets mes mains au bout de celles des artistes », tient à préciser cet homme « de culture et d’art ».

Un mur a deux faces

Tout commence le 16 novembre 1989, « sept jours après les premières brèches dans le mur de Berlin ». Il est 21 heures quand Daniel Boulogne gare sa voiture dans son box. « France Inter annonce alors que des artistes de Berlin-Est ont décidé de peindre le mur », se souvient-il. Daniel Boulogne ne tarde pas à avoir le « déclic ».

« J’avais failli oublier qu’un mur a deux faces... ce soir-là j’ai réalisé qu’il y en avait une aussi à l’est », raconte-t-il. Ni une ni deux, Daniel Boulogne envoie 2 tonnes de peinture aux artistes est-allemands, quitte à faire le forcing pour passer les barrages.

Grande date de l’humanité

Quelques années plus tard, Daniel Boulogne apprend que les pans de mur sont en vente. « J’en ai ramené quatre à Paris, un double diptyque où est inscrite cette phrase prémonitoire "You can do or die" », poursuit celui qui est également mécène. En 1999, pour les dix ans de la chute du Mur, Daniel Boulogne a fait don de deux pans au mémorial de la paix à Caen.

Impossible, pourtant, de savoir combien lui ont coûté ces morceaux d’histoire. « Je m’en fiche de l’argent, ce qui m’intéresse, c’est la culture. » Seul indice, le transport aura été plus onéreux que les pans de mur. Aujourd’hui, selon Daniel Boulogne, ils se vendraient « 150 000 dollars pièce ».

Pour le galeriste, ces bouts de béton représentent surtout « la deuxième grande date de l’humanité ». Et d’expliquer : « Il y a eu un avant et un après-chute du mur de Berlin, comme il y a eu un avant et un après-Jésus-Christ. »

Ce passage d’une terre bipolaire à un monde multipolaire, Daniel Boulogne estime qu’il marque le début de « la mondialisation ».

Avec Alexandre Adler

L’histoire de la mondialisation à partir de la chute du Mur fera justement l’objet de la conférence présentée par le journaliste et historien français Alexandre Adler, lundi à partir de 11 heures à l’hôtel de ville de Bordeaux. « Alexandre va faire un véritable cours d’histoire pendant une heure », assure Daniel Boulogne.

Les deux pans de mur, arrivés hier dans la capitale girondine, seront quant à eux installés dans la cour du palais Rohan à partir de 10 h 30. Dès 12 h 30, plusieurs témoignages et l’intervention d’Alain Juppé, maire de Bordeaux, seront ponctués par l’interprétation d’une pièce de violoncelle, un hommage à Mstislav Rostropovitch.

Une exposition de photos et des projections d’images d’archives sont également prévues au programme.

« Je voudrais inciter tous les Bordelais à faire le déplacement, lance Daniel Boulogne. Il y aura aussi un cocktail gratuit offert à tous. » _
Sources : SUD OUEST (http://www.sudouest.com/accueil/act...)

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