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Anniversaire - Des éléments du mur de Berlin tombés il y a 20 ans et appartenant à un Neuvicois seront aux cérémonies à Bordeaux.

Le périple périgourdin du mur de Berlin



Q ui aurait pu penser que la Dordogne abritait deux énormes pans du mur de Berlin posés dans un jardin à quelques kilomètres de Périgueux ?

Pas grand monde, avant les cérémonies du 20e anniversaire de la chute du mur qui débutent lundi. L’occasion pour Daniel Boulogne de faire un prêt original de ces lourds vestiges à la ville de Bordeaux, désireuse de les faire découvrir au grand public.

Les énormes blocs de 2,2 tonnes chacun ont donc été chargés, hier matin, dans la propriété de ce dernier sur un camion des services techniques venu exprès pour les transporter. Ils trôneront à partir de lundi dans la cour de la mairie de la capitale régionale pour notamment servir de décor à une conférence d’Alexandre Adler et à un concert hommage à Rostropovitch. D’une dimension de 1,20 m de large sur 3,80 m de haut, ils sont décorés d’un côté par une image d’une fusée V2, de l’autre par deux phrases chocs : « do or die » (faire ou mourir), et « you can » (vous pouvez), prémonitoire puisque prononcée peu ou prou 20 ans plus tard comme slogan par le président américain Obama.

Vestiges rarissimes

Hier matin, les énormes blocs ont quitté la propriété située au lieu-dit Deroc, sur la commune de Vallereuil. Mais non sans mal. Un voisin était pourtant venu avec son tracteur mais une attache a cassé et il a fallu aller chercher d’autres câbles à la coopérative agricole de Mussidan et chez les charpentiers du village. Car il convient aussi de protéger ces vestiges rarissimes. Le mur de Berlin ayant souvent été vendu par petits morceaux, ces blocs entiers ramenés en Dordogne deux ans après la chute du mur, et au cours d’une aventure incroyable sont un témoignage impressionnant de l’époque.

Ils sont en effet peints des deux côtés et ont conservé à leur sommet la buse en fibrociment qui servait d’antigrappin contre les évasions entre Est et Ouest. « C’est avec la buse que ces pans de mur ont le vrai profil de l’époque », rappelle le propriétaire, mécène et collectionneur.

Deux tonnes pour 750 francs

« En février 1991, j’ai appris qu’il y avait des bouts du mur à vendre. Le monde se désintéressait déjà de Berlin et ils étaient soldés. J’ai donc acheté deux tonnes pour 750 francs (114 euros). C’est le transport qui m’a coûté le plus cher », raconte-t-il dans un récit bilingue de ses aventures qu’il vient d’éditer.

Il a d’abord donné deux blocs au mémorial pour la paix de Caen, et ce sont les deux autres, installés devant sa maison de campagne à Vallereuil, qui ont pris hier la route pour « chez Juppé. Il les gardera dans la cour de la mairie après la cérémonie aussi longtemps qu’il y aura des gens pour se déplacer et venir les voir. Après, je les récupérerai ? »

Si à 60 ans, Daniel Boulogne aime toujours avec passion ces pans de mur peints de Berlin, c’est qu’il est pour quelque chose dans leur histoire (lire ci-dessous).

D’où une certaine émotion hier matin à l’heure de charger les deux gros blocs sur le camion en partance pour Bordeaux. Un propriétaire aussi excité et ému qu’en cette nuit de 1989 où il avait apporté ses propres couleurs sur les pans de béton de l’histoire ?

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