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Les lapins du Mur courent toujours au Mémorial

En 1989, Daniel Boulogne fonce à Berlin pour offrir de la peinture. Des artistes peignent sur le Mur des lapins, symboles de la liberté. Ce mur est la vedette du nouvel espace consacré à la Guerre froide du musée caennais.



L’histoire
20 ans après, Daniel Boulogne n’a pas oublié Berlin et les quatre pans de mur achetés 100 marks chacun. Installé aujourd’hui à Bordeaux, l’ancien patron d’une entreprise de ravalement continue de créer l’événement autour de ces vestiges de l’histoire.

Depuis 1999, deux de ces quatre pans sont au Mémorial de Caen. Les deux autres sont, depuis quelques jours, dans la cour de la mairie de Bordeaux. Bordeaux où Daniel Boulogne a ouvert sa galerie d’art. Sur ces bouts de mur présentés en Gironde on peut lire : « You can do or die », « On peut agir ou mourir ».

À Caen pas d’inscriptions mais des lapins qui courent. Le résultat d’une aventure débutée le 16 novembre 1989. « À 20 h 30, je quittais mon bureau. À la radio, j’entends que les artistes de l’Est veulent peindre leur face du Mur. Une vraie révélation ! Jusque-là, je ne m’étais pas rendu compte que le mur de Berlin avait deux faces », se souvient le chef d’entreprise. Spécialiste du mur peint et du trompe l’oeil, il ne peut pas laisser passer ce moment d’Histoire. Le 17 novembre 1989 à 5 h du matin, un camion de l’entreprise Boulogne part pour l’Allemagne. À bord, deux tonnes de peinture. Au volant, Joël, « commis d’office pour les missions périlleuses ».

« Symbole et enjeu de la Guerre froide »

Problème, le Mur a beau être tombé une semaine avant, on ne passe pas un camion à l’Est aussi facilement. Daniel Boulogne fonce à Berlin et monte une opération-commando. Avec deux cameramen de CNN, il passe par le point le plus surveillé de la frontière, Check-Point-Charlie. « Le Vopo, policier allemand de l’Est, armé de sa Kalachnikov, nous a regardés passer. Je lui ai montré les caméras. Tout s’est joué sur un regard... »

Le lendemain, des artistes de Berlin-Est peignent le mur avec la peinture du patron français. « En quelques heures, ils peignent des kilomètres. » En 1991, l’Allemagne commence à démanteler les blocs de béton. Daniel Boulogne en achète quatre. En 1999, il fait un don au Mémorial de Caen qui s’agrandit avec des espaces dédiés à la Guerre froide. Les deux pans de Mur offerts au Mémorial sont peints sur leur face orientale. La fresque réalisée par Manfred Putzman représente des lapins sautant au milieu d’étoiles. Les lapins, symboles de la liberté à l’Est. Seuls habitants du no man’s land, ils étaient la cible des Vopos désoeuvrés. A l’Ouest, les Berlinois se demandaient si les policiers tiraient sur un homme ou un animal.

20 ans après la chute du Mur, les morceaux de Mur de Daniel Boulogne restent les pièces majeures du nouvel espace du Mémorial sur Berlin et la Guerre froide. Un espace ouvert au public depuis ce mardi matin. Il présente dans une scénographie épurée toute l’histoire de Berlin, de 1945 à novembre 1989. Berlin, symbole et enjeu de la Guerre froide.

Jean-Christophe LALAY.

Sources : ouest-france.fr (http://www.ouest-france.fr/actu/act...)

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